Dépanneur

Mettre fin au désert alimentaire

Les urbanistes qualifient le phénomène de « désert alimentaire » et il frappe centre-sud de plein fouet. Il s’agit d’une zone où les résidents n’ont pas accès en tout temps à une offre de nourriture saine, suffisante, variée et à prix accessible.

Élaboré au Royaume-Uni dans les années 90 , le terme décrit une situation alimentaire précaire qui répond à trois critères:

  1. La proximité : un désert alimentaire est généralement situé à plus de 15 minutes de marche, soit à un un kilomètre (ou plus) du supermarché le plus proche;
  2. La quantité : dans un désert alimentaire le nombre de magasins accessibles dans un rayon d’un kilomètre est très limité;
  3. La variété : dans ces zones, on trouve le même genre de commerces, ce qui limite la variété et la diversité des produits et peut entraîner des hausses des prix.

53% des achats effectués à l’extérieur

Cette désertification est un phénomène qui touche en grande partie le Centre-Sud. Malgré la proximité de la grande artère que représente la rue Sainte-Catherine Est, peu de commerces de proximité y sont implantés et aucune grande surface n’est disponible à pied dans un rayon d’un kilomètre. Cette rareté représente un problème qu’il faut surmonter. Même si les dépanneurs et autres épiceries et petits commerces y sont représentés, l’offre commerciale actuelle a besoin d’être élargie.

Un sondage sur les habitudes d’achats des résidents mené en 2014 sur un échantillon de 801 ménages par le groupe Altus, leader dans l’urbanisme commercial au Canada, montre que plus de la moitié (53%) des achats ont été effectuées à l’extérieur de ce secteur. De plus selon l’étude commerciale d’Altus, 2 résidents sur 15 font leurs courses d’épicerie ailleurs, car l’offre actuelle ne les satisfait pas. Autre constat, tout aussi troublant, pour la majorité des biens durables et semi-durables, les fuites commerciales s’élèvent à plus de 75%.

Le Quartier des Lumières propose une offre diversifiée et complémentaire

Pour combattre ce phénomène de désert alimentaire qui marginalise encore plus les populations défavorisées du Centre-Sud et limiter ces fuites commerciales, le quartier des Lumières mise sur une offre élargie de commerces qui viendra compléter et non pas remplacer l’offre déjà existante que l’on trouve par exemple sur les rues Sainte-Catherine Est, Ontario et dans le Village. « Tout quartier central se doit de posséder une offre riche, diversifiée et complémentaire de commerces et de services qui contribuera à sa vitalité, son atmosphère et son identité », rappelle MACH dans le mémoire présenté à l’OCPM le 18 avril dernier.

Une offre composée de commerces d’alimentation, de marchandises diverses, de quincaillerie, d’articles de sports, de loisirs et de divertissement qui viendra répondre aux besoins fondamentaux et de proximité des résidents actuels mais aussi satisfaire les travailleurs, les touristes du Village, ceux du Vieux-Montréal (par extension) ou encore les habitants des nouveaux quartiers résidentiels.

Le projet commercial du quartier des Lumières s’articulera autour :

  1. de plus grandes surfaces commerciales en sous-sol, qui viendront combler les besoins en commerces plus spécialisés dont est cruellement dépourvu le Centre-Sud
  2. des commerces de terrasses en rez-de-chaussée de proximité et primordiaux pour les résidents et qui attireront les passants, participant ainsi à l’animation et aux interactions sociales.
  3. une boucle de circulation souterraine pour les livraisons et le stationnement

Pour la firme Altus, pratiquer ainsi la complémentarité commerciale aura un impact positif sur les 2201 commerces déjà existants. Chacun pourra bénéficier des retombées économiques liées à l’implantation de ces nouveaux établissements car selon Altus, « cette nouvelle offre commerciale bonifiée aura pour effet de retenir le consommateur sur place et d’attirer une nouvelle clientèle externe au secteur. »

© Mach 2019 | Conception du site Web par ADVIZ et PROXIBA